Un exercice de remédiation cognitive n’a rien de magique. Ce peut être un labyrinthe, une suite logique ou une consigne en trois étapes. Ce qui en fait un outil de remédiation, c’est la façon dont il est choisi, présenté et repris avec la personne.
Cet article donne des exemples concrets, classés par fonction, et explique comment ils s’utilisent en séance. Si vous découvrez le sujet, commencez par la définition de la remédiation cognitive. Pour apprendre à construire vous-même ces séances, voyez notre formation en remédiation cognitive.
Ce qu’est un bon exercice de remédiation cognitive
Un exercice utile répond à trois conditions. Il cible une fonction précise, repérée lors de l’évaluation. Il propose une difficulté progressive, ni trop facile ni décourageante. Et il est suivi d’un échange sur la stratégie employée : comment as-tu fait ? Qu’est-ce qui t’a aidé ? Où pourrais-tu refaire la même chose ? Sans ce dernier temps, l’exercice entraîne surtout… l’exercice lui-même.
Exemples d’exercices par fonction cognitive
Les exemples ci-dessous illustrent les grandes familles d’exercices. Chacun correspond à l’une des fonctions cognitives travaillées en remédiation.
Attention
- Barrer un symbole précis dans une grille, en un temps donné.
- Repérer les différences entre deux images presque identiques.
- Jeux de type « go / no go » : réagir à un signal et s’abstenir pour un autre.
Mémoire de travail
- Répéter une série de chiffres à l’envers.
- Exécuter une consigne en plusieurs étapes sans la relire.
- Retenir une liste d’objets puis les classer de mémoire.
Fonctions exécutives
- Labyrinthes à résoudre en traçant le chemin du regard avant de prendre le crayon (planification).
- Trier des cartes selon une règle qui change en cours de route (flexibilité).
- Organiser les étapes d’une tâche du quotidien, comme préparer son cartable ou un repas.
Raisonnement
- Compléter des suites logiques de nombres ou de formes.
- Classer des images selon plusieurs critères (couleur, forme, usage).
- Petits problèmes de déduction : « Paul est plus grand que Léa, Léa est plus grande que Tom : qui est le plus petit ? »
Fonctions visuo-spatiales
- Reproduire une figure à partir d’un modèle.
- Décrire un trajet sur un plan, puis le refaire en changeant de point de vue (gauche et droite).
Cognition sociale
- Associer des photos de visages à des émotions.
- Imaginer ce que pense un personnage dans une courte histoire.
Les exercices papier-crayon : l’exemple du PEI
Beaucoup de programmes de remédiation utilisent le papier-crayon. En psychiatrie, le programme CRT en est un exemple. En éducation, le plus structuré est le Programme d’Enrichissement Instrumental de Feuerstein. Ses instruments papier-crayon portent des noms qui parlent d’eux-mêmes : Organisation de points, Comparaisons, Orientation spatiale, Relations temporelles, Relations familiales, Progressions numériques, Relations transitives, Syllogismes, Pochoirs.
Prenons Organisation de points. L’apprenant doit retrouver des figures géométriques (un carré, un triangle) dans un nuage de points, sans aide visuelle. La tâche paraît simple. Elle demande pourtant de garder le modèle en tête, de chercher méthodiquement, de freiner l’impulsivité et de vérifier. Le médiateur ne corrige pas : il fait verbaliser la démarche, puis aide l’apprenant à relier ce qu’il vient d’apprendre à d’autres situations, en classe ou à la maison.
Ces instruments sont protégés et ne s’utilisent qu’après une formation agréée. Leur force tient moins aux feuilles elles-mêmes qu’à la médiation qui les accompagne.
Papier-crayon ou ordinateur ?
Les logiciels offrent un retour immédiat et ajustent automatiquement la difficulté. Ils sont utiles pour entraîner une fonction précise, comme la mémoire de travail. Le papier-crayon favorise davantage le dialogue, la verbalisation et le travail sur les stratégies. Beaucoup de programmes combinent les deux. Le choix dépend de l’objectif, de l’âge et de la personne.
À quel rythme travailler ?
La régularité compte plus que la durée de chaque séance. Les programmes structurés prévoient en général une à deux séances par semaine pendant plusieurs mois. En psychiatrie, le programme CRT, par exemple, s’étend sur environ 14 semaines avec deux séances hebdomadaires et un exercice à faire entre les séances. Avec un enfant, des séances courtes et fréquentes valent mieux qu’une longue séance qui épuise son attention. Entre deux séances, un petit exercice de rappel aide à consolider la stratégie apprise.
Peut-on faire des exercices de remédiation cognitive à la maison ?
Des fiches à imprimer et des jeux gratuits circulent en ligne. Ils peuvent stimuler, mais sans évaluation préalable ni objectifs, leur effet reste limité. La remédiation cognitive doit être conduite par un professionnel formé. Les parents ont en revanche un rôle précieux : reprendre quelques minutes par jour un exercice vu en séance, et surtout aider l’enfant à expliquer comment il s’y prend.
Quel est le meilleur exercice cognitif ?
Il n’existe pas d’exercice universel. Le bon exercice est celui qui cible la difficulté réelle de la personne, à un niveau adapté, et qui débouche sur une stratégie réutilisable. C’est tout le savoir-faire du praticien.
Apprendre à conduire des séances
Choisir un exercice, l’adapter et mener le dialogue métacognitif s’apprend. Nos formations au PEI Basic et au PEI Standard vous permettent d’apprendre à conduire des séances de remédiation cognitive, à distance et en direct avec la formatrice, avec des travaux pratiques supervisés. Les prochaines dates sont en cours de programmation.